Les règles douloureuses ne sont pas une fatalité !

Interview d’Odile Bagot*, spécialiste en gynécologie et obstétrique, auteure du Dico des nanas chez Hachette

 

odile

D’où proviennent les règles ?

Les règles, ce n’est pas l’utérus qui se remplit de sang pendant un mois et qui va se vider.

Pas du tout. C’est en fait le tissu qui est à l’intérieur de l’utérus – qu’on appelle l’endomètre – qui, au cours du cycle, va se modifier. En deuxième partie de cycle, après l’ovulation, il s’épaissit et tout d’un coup avec la chute hormonale, cet endomètre tombe, on dit qu’il desquame, des petits vaisseaux sont apparus et vont saigner. Quand la sécrétion hormonale d’œstrogène va recommencer, l’endomètre va repousser, va recouvrir ces vaisseaux et les règles s’arrêtent jusqu’à la prochaine fois.

Est-ce que beaucoup de femmes souffrent de règles douloureuses ?

Les règles douloureuses, malheureusement, affectent beaucoup de femmes, alors que cela ne devrait pas être le cas parce qu’il faut toujours trouver une solution pour qu’une femme ne souffre pas. Malheureusement dans certains cas, en particulier dans l’endométriose, qui est une maladie assez fréquente qui touche une femme sur dix, malgré tous les traitements, ces règles ont du mal à s’arranger et à être moins douloureuses. A ce moment-là, il faudra penser à aller consulter.

Pourquoi a-t-on des règles douloureuses ?

Les règles douloureuses procèdent, on va dire, de 3 mécanismes.

D’abord l’utérus ; souvenez-vous que c’est un muscle et qu’un muscle, ça contracte ; et quand cela contracte très fort, cela peut faire mal, comme une crampe du mollet par exemple.

Ensuite, les règles sont liées aussi à un phénomène inflammatoire avec la sécrétion d’une hormone qui s’appelle la prostaglandine et dans ce cas-là, des médicaments assez forts comme les anti-inflammatoires pourraient être efficaces.

Enfin, le ressenti de la douleur est très personnel d’une femme à l’autre et donc, ce mécanisme douloureux et son ressenti au niveau du cerveau jouent également dans la perception des douleurs de règles.

Qu’est ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie assez fréquente puisqu’elle touche jusqu’à une femme sur 10. Si vous imaginez l’utérus, vous voyez bien le muscle utérin ; à l’intérieur, l’utérus est tapissé par ce que l’on appelle l’endomètre. Cet endomètre dans l’endométriose va migrer dans des endroits où il ne devrait pas être, comme par exemple, dans le muscle utérin ; ça s’appelle l’adénomyose. Si l’endomètre se trouve au niveau de l’ovaire, cela nous donnera un kyste que l’on appelle endométriome. Beaucoup plus rarement, cet endomètre peut se placer sur l’intestin, le foie, même la peau.

Malheureusement, l’endomètre va suivre le cycle hormonal. S’il est dans l’utérus au moment des règles, le sang va pouvoir s’évacuer mais s’il est dans le muscle utérin,  cela va faire très mal, s’il est au niveau de l’ovaire, cela peut faire un kyste. A ce moment-là, si on a des douleurs particulières, pas seulement au niveau du bas ventre au moment des règles, il faut penser à l’endométriose. Dans certains cas, les douleurs persistent, malheureusement, aussi entre les périodes de règles ; il faut alors absolument aller consulter.

Dois-je consulter un médecin si j’ai des règles douloureuses ?

Si vous avez des règles douloureuses et qu’elles ne passent pas avec des moyens simples pour que vous ayez une qualité de vie tout à fait correcte pendant vos règles, il faut aller consulter un médecin parce qu’il peut arriver que derrière ces règles douloureuses qui résistent à un traitement, il y a une maladie qui s’appelle l’endométriose et qui touche une femme sur dix. Il ne faut pas passer à côté du diagnostic.

Quelles sont les méthodes pour me soulager ?

Pour soulager vos règles, il y a plusieurs moyens. Il y avait les vieilles habitudes de nos grands-mères qui ne servent pas à grand-chose, comme se mettre une bouillotte d’eau chaude sur le ventre. Mais pourquoi pas… Sinon on commence souvent par les antalgiques simples, en particulier le paracétamol.

Si on n’a pas de contre-indications et si on veut tester un médicament plus fort mais qui peut avoir des effets secondaires, on peut utiliser un anti-inflammatoire qui est recommandé en deuxième intention. Maintenant, il y a aussi des méthodes non médicamenteuses, en particulier la neurostimulation électrique transcutanée, qui est la base du traitement des règles douloureuses avec Livia, par exemple.

Pourquoi la neurostimulation diminue-t-elle la douleur ?

La neurostimulation, ce n’est pas quelque chose de très nouveau, cela existe déjà depuis les années 60 et on s’en servait pour traiter des douleurs absolument rebelles et très très importantes. On évoque deux mécanismes pour comprendre le fonctionnement de la neurostimulation.

D’abord le principe du portillon. Qu’est-ce que c’est que ce portillon ? En fait, quand on a une douleur, les nerfs vont conduire la sensation de la douleur jusqu’au cerveau.

Et si on vient tromper ces nerfs en leur envoyant une petite stimulation électrique, c’est cette petite stimulation électrique pas douloureuse qui va passer le portillon, puis le portillon va se fermer pour la stimulation douloureuse comme celle des douleurs d’oreilles par exemple.

Ensuite, on sait que stimuler les règles peut faire sécréter des substances antalgiques, c’est-à-dire qui diminuent la douleur comme les endorphines par exemple.

Actuellement, on pense que la neurostimulation est un peu le mélange de ces deux fonctionnements, mais probablement davantage celui du portillon.

Qu’est ce que Livia ?

Livia est un système de neurostimulation électrique transcutanée. Alors comment ça marche ?

Ce sont deux petites électrodes que l’on va placer sur le ventre et qui vont envoyer des petites impulsions électriques à partir d’un boîtier.

Rassurez-vous, c’est juste un chatouillis, pas davantage, et cette impulsion électrique va venir tromper le circuit de la douleur qui va de votre utérus à votre cerveau, qui vous dit « aïe aïe aïe ça fait mal ».  La petite impulsion va, bloquer ce circuit-là, va court-circuiter en quelque sorte la douleur pour qu’elle soit fort atténuée.

Quels sont les avantages de Livia ?

Le premier avantage de Livia dans le traitement des règles douloureuses est de vous éviter de prendre des médicaments et surtout des anti-inflammatoires qui, certes, sont efficaces mais ont des effets secondaires et présentent des risques, en particulier, par rapport à l’estomac. Donc pas de prise médicamenteuse. Livia, par ailleurs, est honnêtement très discret, il ne se voit pas, on le place, on met le petit boîtier sous la ceinture, ni vu, ni connu. Livia est un mécanisme qui est connu depuis longtemps pour son efficacité et a été testé chez de nombreuses femmes.

Donc pas de médicaments et c’est efficace. Pal mal, non ?

Quand faut-il utiliser Livia ?

Pour utiliser Livia, il ne faut pas attendre, si vous avez l’habitude d’avoir des règles douloureuses, d’être pliée en deux de douleur. Sachez anticiper.

Quand vous savez que la douleur va commencer, c’est souvent au début des règles, vous allez placer vos deux petites électrodes de chaque côté au-dessus du pubis, là où vous allez ressentir les douleurs, et vous allez régler petit à petit l’intensité des impulsions électriques grâce à votre petit boîtier. Vous verrez, ce n’est pas douloureux et c’est extrêmement simple à utiliser et très bien expliqué sur la notice.

Y a-t-il des contre-indications à utiliser Livia ?

Livia est un appareil extrêmement sûr, testé chez de nombreuses femmes. Il n’y a quasiment aucune contre-indication, en dehors des femmes qui porteraient un pacemaker mais c’est quand même relativement rare et, bien évidemment, les femmes enceintes, vous vous en doutez.

Est-ce que Livia est un produit prouvé cliniquement ?

L’efficacité de Livia a été prouvée cliniquement par une étude sur 228 femmes qui a montré que 79 % d’entre elles voyaient leurs douleurs de règles diminuer voire disparaître.

Cela vaut le coup, non ?

Recommandez-vous Livia ?

En tant que gynécologue, je recommande très volontiers Livia. D’abord parce que c’est une méthode qui est naturelle, c’est une méthode qui évite de prendre des médicaments, et donc sans risques, et puis dans une démarche écologique, on a un appareil qui dure longtemps, qu’on ne va pas jeter et qui évite des rejets dans la nature comme les médicaments.

 

 

*Le Dr. Odile Bagot est spécialiste en gynéco-obstétrique, ancien chef de clinique des hôpitaux et diplômée de gynécologie psychosomatique. Sous son pseudonyme de Mam Gynéco, elle est l’auteur du Dico des nanas et du Dico des femmes enceintes chez Hachette. On peut la retrouver sur son blog http://mamgyneco.wordpress.com et rejoindre une communauté très sympa de femmes de tous âges sur sa page Facebook  .